Médicaments et déchets de soins

Des déchets diversifiés : médicaments, déchets de soin, radios

Les médicaments non utilisés (MNU)

Les médicaments non utilisés (MNU) sont des médicaments à usage humain qui ont été dispensés en pharmacie et incomplètement utilisés.

Contenant des molécules chimiques actives, les MNU sont potentiellement dangereux pour l’environnement s’ils sont jetés avec les eaux usées (toilettes, lavabo, évier) ou mélangés avec les ordures ménagères. Ils peuvent en effet se retrouver dans le milieu aquatique, polluer les eaux de surface et souterraines mais aussi être absorbés par les animaux aquatiques et ainsi introduits dans la chaîne alimentaire.

 

Les déchets d’activités de soins à risques infectieux (Dasri)

Les déchets d’activités de soins à risques infectieux (Dasri) sont produits par les patients en auto-traitement, c’est-à-dire les personnes qui se soignent sans faire appel à un professionnel ou à une structure de santé.

Les Dasri peuvent être :

  • Des déchets « mous » : compresses, bandelettes, pansements, coton… souillés par du sang ou par tout autre liquide biologique ;
  • Des déchets « perforants » (piquants, coupants ou tranchants) : seringues, aiguilles, stylos, cathéters, micro-perfuseurs, lancettes, auto-piqueurs, sets de transfert… souillés ou non et destinés à l’abandon ;
  • Des produits sanguins à usage thérapeutique, incomplètement utilisés ou arrivés à péremption.

Les Dasri contiennent des micro-organismes viables ou leurs toxines qui, en raison de leur nature, de leur quantité ou de leur métabolisme, peuvent causer des maladies chez l’homme ou chez d’autres organismes vivants. Ils doivent donc faire l’objet d’une collecte et d’un traitement spécifiques.

Les déchets de soins « perforants », notamment, peuvent être à l’origine d’accidents quand ils sont évacués avec les ordures ménagères, pour les utilisateurs et leur entourage, pour les agents responsables de la collecte et du tri des ordures ménagères, et pour tout usager de la voie publique. Aussi doivent-ils être collectés dans des contenants spécifiques appelés « boîtes à aiguilles ».

 

Les radiographies

Les radiographies argentiques contiennent de l’argent (sous forme de sels d’argent), un métal lourd qui pollue les eaux et les sols. Elles sont progressivement remplacées par de nouveaux procédés, mais il en reste encore beaucoup, notamment chez les particuliers qui les conservent sur les conseils de leur médecin. Une fois devenues obsolètes, les radiographies argentiques ne doivent pas être jetées à la poubelle, les centres de traitement des ordures ménagères n’étant pas adaptés.

Les radiographies numériques apparues ces dernières années ne contiennent pas ou peu d’argent. Mais elles ont une durée de vie supérieure à 300 ans, qui interdit de les jeter avec les ordures ménagères ou dans la nature.

 

Le saviez-vous ?

La vente des thermomètres à mercure est interdite en France depuis 1999. Si vous en détenez encore, sachez qu’ils sont dangereux lorsqu’ils libèrent le mercure qu’ils contiennent. Il ne faut donc pas les casser, ni les jeter avec les ordures ménagères. Apportez-les en déchèterie.

Des filières de collecte qui se développent : Cyclamed, DASTRI

Pour les médicaments non utilisés (MNU)

La collecte et le traitement des médicaments non utilisés (MNU) sont obligatoires depuis 2009. Ils sont financés par les entreprises pharmaceutiques qui produisent les médicaments.

C’est l’éco-organisme agréé Cyclamed qui est chargé d’éliminer ces MNU pour le compte des entreprises phamaceutiques, dans le respect des règles environnementales et à des fins de valorisation énergétique.

 

Pour les déchets de soins perforants

Les producteurs de médicaments et de dispositifs médicaux ont l’obligation de mettre en place et de financer la reprise des produits mis sur le marché une fois arrivés en fin de vie. Cette obligation ne concerne que les déchets d’activités de soins à risques infectieux (Dasri) piquants, coupants ou tranchants (« perforants ») produits par les patients en auto-traitement.

C’est l’éco-organisme agréé Dastri qui assure la mise à disposition gratuite des contenants spécifiques appelés « boîtes à aiguilles », leur collecte et leur élimination.

La filière de traitement des Dasri perforants est entièrement financée par les metteurs en marché de médicaments (pour 50 %) et de dispositifs médicaux piquants, coupants ou tranchants (pour 50 %), sans répercussion sur le prix de vente des produits.

 traitement des dechets, carton collecte

Crédit ©Laurent Mignaux/METL-MEDDE

Chiffres-clés

2,938 milliards de boîtes de médicaments ont été mises sur le marché en France en 2012, ce qui représente environ 170 000 tonnes (dont 72 180 tonnes d’emballages).

14 271 tonnes de médicaments non utilisés (MNU) ont été collectées par les pharmacies en 2012 (dont 922 tonnes de cartons), soit 218 grammes par habitant.

Le gisement de MNU détenu par les particuliers est évalué à 23 300 tonnes par an, soit environ 350 g par habitant et par an.

Le gisement des déchets d’activités de soins à risques infectieux (Dasri) des patients en auto-traitement est évalué à 360 tonnes par an.

 

Données 2010

  • Les points de collecte en Rhône-Alpes
    Plus de 2 000 pharmacies et 16 grossistes collectent les médicaments non utilisés.
  • Les déchets collectés en Rhône-Alpes
    1 111 tonnes de médicaments non utilisés ont été collectées dans la région en 2010.